FANTÖMES
FANTÔMES
Pièce de théâtre en 1 acte
Une pièce dans le noir. Un bruit de clé crochetant une serrure se fait entendre, suivi d’un
grincement de gond né de l’ouverture d’une porte laissant passer par son
entrebâillement un filet de lumière, disparaissant aussitôt, signe que
cette dernière vient d’être refermée
prestement. Puis, il réapparaît en plus grand laissant apparaître un certain
nombre de tissu blanc tombant en direction du sol, comme flottant dans les
airs, pour s’éclipser à nouveau, faisant naître un bruit sourd provenant du
choc de la porte contre son armature. Quelques secondes plus tard, elle s’ouvre
en grand et un individu habillé d’un jean, d’une chemise noire, portant des
converses rouges aux cheveux très courts dévoilant une alopécie non née d’hier lui donnant dans la cinquantaine,
avance lentement mais avec assurance comme s’il y avait déjà tout ses repères.
Il suit le trajet de la lumière s’immisçant par la porte ouverte, fait le tour
de la pièce dans la pénombre, sans un
mot. Il se place ensuite au milieu, fait face un instant, comme s’il se recueillait, à tout ces lambeaux blancs qui sont en fait,
des morceaux de draps blancs recouvrant comme des tableaux ou des photos
accrochés à des tubes noirs d’environ 1 m de hauteur. Au milieu seul un tableau
n’est pas recouvert représentant 2 clowns en 1 : l’auguste et le blanc. A
terre, une guitare est posée sur un trépied à côté d’une table sur laquelle
repose une bouteille de whisky à moitié entamée, un verre, un vase contenant
une rose rouge séchée toujours dans son emballage d’origine et un livret ressemblant
à un mémoire de lycéen relié par une simple barrette derrière laquelle apparaît
le dossier d’un fauteuil noir d’apparence confortable. Sur le devant de la
table, accroché à son plateau, correctement centré, une toile au fond jaune sur
lequel est écrit tel un écolier en
lettres rouges : je t’aime
Cette pièce, à part la porte ne possède
pas d’autre ouverture. Sans un mot, ne dévoilant toujours pas son visage,
l’individu rejoint l’interrupteur et allume la lumière. On y sent comme une
odeur de renfermé mélangée à des odeurs de peintures, mettant en évidence un
endroit non investit ni aéré depuis un long moment, comme s’il avait été laissé
à l’abandon mais tout en veillant à y protéger amoureusement ce qu’il contient,
soit pour y revenir, soit pour tout transmettre.
L’homme, une fois la lumière allumée se
dirige vers la table, tire en arrière délicatement le fauteuil collé à la
table, s’y assied lentement tout en fixant la bouteille de whisky et une fois
bien calé, s’en saisit, la débouche avec
des gestes doux et sensuels, en verse
une rasade dans le verre tout poussiéreux, posé là depuis on ne sait combien de
temps. Il l’attrape, le porte à sa bouche et à peine une petite quantité
introduite dans sa bouche, il ne peut s’empêcher d’esquisser une grimace et de
lâcher spontanément, sans aucune retenue :
« Putain
ce que c’est fort ! Je ne me
rappelais plus que c’était aussi fort que ça, comme cela, à sec ! En plus,
du trente ans d’âge au moins avec tout ce temps écoulé ! Il n’a pas pris
une ride, lui au moins ! Corsé le diable, il me fallait au moins cela pour
me ramener à la réalité au milieu de tant
de souvenirs et me sortir de ma
torpeur nostalgique pour profiter
pleinement de ce que je viens de retrouver avec émotions et enthousiasme, mélanger
à quelques craintes toutes naturelles. »
Il fini le verre en buvant lentement, ses
papilles s’étant habituées à ce tord boyaux qu’il n’avait plus mis en bouche
depuis un temps certain. Il repose énergiquement son verre sur la table et s’en
sert un deuxième qu’il s’envoie cul sec comme pour se donner du courage. Sans
un mot, son visage exprime pendant quelques secondes, des mimiques de passage
difficile d’une quantité importante
d’une seule traite de ce nectar trop urticant pour ses muqueuses buccales,
qu’il termine en jetant un « ouahou » tout en tirant la langue et se
levant du fauteuil prestement. Il fait glisser le verre sur la table, le regard
perdu comme s’il ne savait par quoi
commencer !
Puis Il plie les genoux, saisit les accoudoirs
et se laisse tomber de tout son corps sur le fauteuil muni de roulettes, le
faisant s’éloigner du bureau. Il s’enfonce dedans en faisant le dos rond. Le
regard grave, il avance son buste et ses mains, saisit le rebord de table pour faire rouler le fauteuil jusqu’à
cette dernière, prêt à passer aux choses sérieuses. Il se saisit du livret qui lui fait face, se renfonce dans
le fauteuil en mettant sa jambe droite sur sa cuisse gauche, pose ses lunettes
sur le haut de son front et le
parcourt page par page, à grande
vitesse, et soudain s’arrête. Son regard devient lumière et trace sa route
sereinement, de bas en haut, sur la page de droite, et sans passer à celle de
gauche, il le referme tout en glissant
son index droit à l’intérieur. Il se lève en prenant appui avec sa main gauche
sur l’accoudoir et sans s’arrêter, d’un pas tranquille, il se place à côté de
la guitare toujours recouverte de son drap blanc. Il remonte le livret,
l’ajuste à sa vision, ses lunettes toujours posées sur son front et se met à lire à haute voix, calmement au début mais théâtralement ensuite tout en
envahissant les différents espaces de la pièce, le texte écrit sur les deux
pages offertes à sa diction :
SON
HUMANISME
Mais qu’est ce qui fait un
homme ?
Ses erreurs de jeunesse,
À la recherche sans cesse
Des expériences de la vie.
Mais qu’est ce qui fait un homme ?
Sa soif d’autonomie,
Sa faim d’autres pays,
Vouloir croquer la vie
Savoir s’émerveiller des moindres petites
choses,
Ne pas avoir de raison pour offrir une
rose,
Partager les offrandes le pain,
Le verre de vin,
Libéré de tout dogme.
C est ce qui fait un homme ?
Un homme bien dans sa tête,
Féminin masculin,
Masculin féminin,
Un homme jour de fête,
Convivial bon vivant,
Gardant une âme d’enfant,
Ne comptant pas les ans,
Qui le sépare du néant !
Mais qu’est ce qui fait cet homme ?
Ses très nombreux excès,
Conjugués à l imparfait.
Etre conscient que la vie,
C’est avant tout le respect !
Choisir de vivre en paix,
Être conscient que la vie,
C’est avant tous les Hommes !
C’est ça qui fait un Homme !
C’EST CA QUI FAIT UN HOMME !!!
Quand je relis ma définition
Dans notre société, je ne vois rien
d’évolution.
Je vois des hommes, qui sans cesse
pleurent
Au lieu de se battre et laissent
ainsi les leurs,
Ceux de la même tribu qui n en sont déjà
plus,
Crever sur le trottoir, agonisant dans
leur jus.
Gavroche est mort pour rien sur les
barricades.
Le populisme a gangrené cette
peuplade.
Anesthésiés, Ils ne se voient pas
misérables !
Aveuglés, ils ne se savent pas minables !
Jean Valjean a retroussé ses manches
Sans accuser une seule fois l’étranger.
Sans vengeance, s’est faite sa revanche,
Sans imposer sa vision de la société,
Mais simplement la partager en toute
humilité.
Liberté ! Égalité !
Fraternité !
Mais l’Homme qui se croit supérieur
Est en pleine régression, un vrai tueur,
Polluant les rivières, les terres, les
mers,
Affamant la moitié du monde,
Cherchant les profits les plus
immondes !
Disparu bientôt les abeilles, les fleurs,
les pics verts !
Seuls les riches seront les survivants
Plus nous avanceront au fil des ans.
Car le petit peuple se divise
Quand la haine le courtise,
Lui rabâche sans cesse qu’ils sont les
plus forts
Les meilleurs, qu’ils n’ont aucun tort.
C’est la faute des envahisseurs,
Ces petits hommes de couleurs.
Il n’y a qu’une seule race, elle s’appelle
Humanité.
Et l’homme doit être humaniste pour la
faire prospérer !
Il n’y a qu’une seule race, elle s appelle
Humanité,
Et l’homme doit être écologiste pour la
faire prospérer !
Entre pertes et profits, c’est toujours le
petit qui trinque.
Diviser pour mieux régner, ils suivent
comme des baltringues !
Les tribus d’Amazonie elles ont tout
compris
Que l’important pour la survie c est
de préserver les vies.
Et l’Homme dit supérieur, les traite de
sauvages
D’arriérés, d’inférieurs alors que ce
sont elles les sages !
L’homme prend une grande respiration et fait silence
pendant une dizaine de secondes avant de s’exclamer : « Qu’est ce que cela fait un bien fou de vous
retrouver après tout ce temps ! »
Sans rajouter un mot, il tourne à nouveau les pages de
son livret. Les expressions de son
visage au défilement des pages montre qu’il sait ce qu’il recherche ainsi que
le
« Te voila ! » envoyé une fois tombé
sur la feuille tant convoitée. Et tout
comme pour le poème précédent, il se mit à le jouer.
MA MUSE
Comme un fou, je m’amuse
A générer des sourires dans ton regard
Les bisous sur tout ton corps, dont j’abuse
Font croître l’envie dans ton regard
Les souvenirs des effluves de ton parfum, diffusent,
Tes aspirations d’un avenir amoureux,
La naissance de sensations, d’émotions non recluses.
Rien à cacher et tout à partager, nous deux !
Sur cette mer de ravissements, terminée d’une écluse,
Libérant mes désirs accumulés loin de toi
Je navigue et enfin quand apparaît au loin, ma muse,
Je me sens enfin, moi !
Et se répète indéfiniment, ce cycle, sans que ne s’usent
Les sentiments éprouvés pour toi
Je suis amourheureux !
« Ah l’amour source d’inspiration ! Je ne me
suis pas assez enivré de ton eau. Ne me suis pas assez noyé en ton sein. À trop
vouloir voyager, découvrir, profiter, j’ai plus d’une fois quitté ton lit,
remontant tant d’affluent qui m’ont trop souvent éloigné de toi jusqu’à ne
jamais revenir ! Ainsi est la vie,
ainsi va la vie ! L’énergie créatrice me demande un tel renouveau
émotionnel, qu’une fois tari, je n’ai pu m’empêcher de partir à sa recherche,
perdant le sens de ses sens au lieu de m’engager à les faire renaître !
Mais grâce à elle tu es née, ma chipie d’amour et je suis un homme comblé
grâce à l’amour paternel»
Promenant son
large sourire jusqu’à l'un des tissus blancs surplombant le sol tout en déclamant :
Lorsque l’enfant
paraît
Il ne sait où
il met les pieds
Ni s’il va
vivre pour aimer
Ou s’il
ferait mieux de retourner
D’où il vient
en secret,
S’il le
pouvait
Dans le
confort, la satiété et la sécurité
A-t-il la
chance d’être né
Où il fallait
naître
Où la société
le considère comme un être
Devant s’épanouir
en tant qu’enfant
Devant s’épanouir
en tant qu’adolescent !
Il le
retire tout en douceur et dévoile le dessin d'un nouveau né ! Il lui parle
spontanément !
« Ma Marseillaise adorée, ma joie de vivre, mon
soleil éternel, tu grandis et moi je vieilli ! Que tu es devenue une
magnifique jeune fille. Tu m'as fait développer pendant tellement d'année le
syndrome de Peter pan pour nos plus grandes joies »
Prenant un air figé, il fouille dans sa poche gauche
de son pantalon et en ressort un smartphone sur lequel, après quelques
manipulations surgit un raggamuffin !
« Spéciale dédicace à ma marseillaise et à tous
les marseillais »
Il se met à chanter sur cette musique et danser tout
en ralliant un autre tissu qu'il retire d'un coup sec, faisant apparaître une
photo d'une fillette portant un chapeau rond et un manteau noir de l'ancien
temps. Il fait tournoyer le bout d'étoffe au dessus de sa tête tout en
continuant à chanter et danse. Il finit par
le jeter derrière lui.
Mon
vocabulaire
Retrouve ses mots d’enfant
Il quitte le terre à terre
A la recherche de ses ans
Où les sentiments apparaissent
au grand jour
Où les troubadours s’invitent
même en pleurant
Il m’envoie en l’air
Au moindre coup de vent
Surfe sur les courants
Sans crainte des guets-apens
Il m’éloigne de ces grands
Qui ne parlent que d’argent
Mais qui sont bien trop fiers
Pour redevenir un enfant
Même un court instant
Mon vocabulaire
Conte mille et une fables
Alors je quitte le terre à
terre
D’une pensée agréable
Je décolle
Je
remonte le temps
En
suivant Peter Pan
Je
m’envole
Au
cœur des jeux d’avant
En
suivant Peter Pan
Je
garderai toujours une âme d’enfant
Noémie pousse son premier cri
Capricorne, capricieuse
Mais tellement délicieuse
Noémie pleine de vie
Ouvre grand ses deux yeux à la
fois
Pour sa mère et moi
Noémie me prie
De couper ce lien qui la
retient au passé
Mais sans ne jamais rien
oublier
De ces 9 mois passés à déjà
s’aimer
Je
décolle
Je
remonte le temps
En
suivant Peter Pan
Je
m’envole
Au
cœur des jeux d’avant
En
suivant Peter Pan
Je
garderai toujours un cœur d’enfant
La musique terminée, il
éteint son portable, le remet dans sa poche et tout en continuant à parler à sa
fille.
« Savoir
aimer, même conjugué au futur restera toujours imparfait mais cela s’apprend
au-delà des sentiments, dans nos actes journaliers, même loin l’un de l’autre.
Et si l’on ne l’a pas vécu cet amour constructeur, il faut en prendre
conscience, partir à sa recherche, le trouver
pour pouvoir le transmettre ! N’est ce pas ma chipie
d’amoooour ! Ce big love inconditionnel et bienveillant, constructif et concessionnel,
partageur et séducteur, qui pardonne et qui détonne. L’amour toujours, quoi
qu’il arrive, même dans la séparation et les frustrations, même s’il n’est plus
aussi intense ou familier. L’amour qui ne franchit jamais le seuil des portes
de la haine conduisant en enfer. Je t’aime Noémie comme un père et grâce à toi
j’ai appris à aimer, à donner de l’amour,
à construire un amour.
Je t’aime
Annabelle » se mit il à crier tout en pouffant de rire en direction de la
guitare toujours recouverte de sa protection de toile blanche. Il se dirige à
petits pas vers elle et saisit le tissu au niveau de la tête en prenant bien
soin de vérifier que les extrémités des cordes ne soient pas empêtrer entre les
mailles avant de le retirer et le jeter au sol sous la table. Il saisit la
guitare par le manche par la main droite, la hisse contre sa poitrine, et sa
main gauche venant entourer son corps, il la serre tout contre lui avant de
faire glisser ses doigts sur les cordes au niveau de la rosace.
« Mais
tu chantes diablement faux ! Avec le temps, va, toute ton harmonie s’en
est allée dans la solitude. Tu es en détresse, ma belle. Il ne saurait en être
autrement. Je ne peux rattraper le temps perdu mais tu vas à nouveau retrouver
ton harmonieuse voix et en faire profiter le monde entier ! Philéas
est de retour ! »
Philéas
repose la guitare sur son trépied, retire de sa poche de chemise un accordeur
qu’il dépose sur la table après l’avoir allumé, avant de reprendre sa guitare,
en accrocher la sangle qui la maintient contre lui et de l’accorder en restant debout.
« Ca
y est Annabelle, tu joues juste maintenant ! » s’écrie- t-il en
égrainant quelques notes avec ses doigts. Il se saisit d’un médiator qui
trainait sur la table et se met à jouer une musique non connue. Sa respiration
se fait plus rapide, son thorax à chaque inspiration augmente son amplitude. Une
larme commence à couler le long de sa joue droite et il se met à chanter d’une
voix grave, mélancolique et joyeuse à la fois :
Serre-moi contre ton
cœur
Mon petit
amour
Serre-moi contre ton
cœur
Que je vive tout en couleurs
Serre-moi fort, fort, fort
Serre-moi encore, encore, encore
S’il le faut je ferai des
détours
Je prendrai des chemins
escarpés
S’il le faut du monde je ferai le
tour
Pour venir t’enlacer
Car les mots passent
Et les gestes restent
Les écrits se perdent
Et les moments forts restent
Gravés dans ta mémoire
Une partie de notre histoire
Serre-moi contre ton
cœur
Mon petit
amour
Serre-moi contre ton
cœur
Que je vive tout en couleurs
A l’oreille, je te dis je t’aime une première fois
Je
t’écris je t’aime une seconde fois
Je te dis, je t’aime une
troisième fois
Mais toujours je t’aime qu’une fois à la fois
Car les mots passent
Et les gestes restent
Les écrits se perdent
Et les moments forts restent
Gravés dans ma mémoire
Une partie de notre histoire
Je n’ai plus besoin de te le dire
Mais simplement te le faire vivre
En pensant à toi et à ta vie
Tout en sachant vivre loin de toi aussi
Alors n’oublions pas que :
Les mots passent
Et les gestes restent
Les écrits se perdent
Et les moments forts restent
Gravés dans nos mémoires
Une partie de notre histoire
« La
distance nous a rapproché ma princesse par la force incroyable des moments
clairsemés passés ensemble durant toutes
ces années. Elle a forgé ton caractère
d’indépendante tout en sachant que tu peux toujours compter sur ton papounet,
sur mon toit pour qui une chambre est toujours prête à t’accueillir, petit oiseau qui vole de ses
propres ailes aujourd’hui. Mais que cela fut horriblement dur pendant 2 ans,
tout en essayant de ne rien te faire ressentir. Que la vie est belle mais
difficile. Elle nous tend les bras, je me suis donc battu pour ne pas rester
les mains dans les poches.
Tu
fus ma ressource pour ne pas sombrer, ne pas découvrir qu’il existe toujours
plus profond que le fond.
Putain de vie quand on ne la saisit pas par le
bon bout ! Une vraie galère existentielle ! En plus de vivre de nos
jours, il faut aussi exister !
Je
fus comme un manouche en HLM, un fauve pacifié
en cage !
Deux
ans à s’endormir dans un nuage de fumée et à se réveiller quand tout le monde
dort.
Qu’entends-je ?
……………..Des Anges ?
Mais
d’où viennent ces ….wouah
La
fée verte qui s’écoule hors la loi.
Dans
un tourbillon trouble, elle m’embarque aux pieds de Marie-Jeanne
Nue,
entourée de fumées enivrantes aux silhouettes de femmes
Emouvantes
et mystérieuses à la fois
Leurs
corps ondulent au gré du vent
Donnent
le temps chante le la
Et
moi je ne sais plus où je vas !
Se
mentir, subir, ne pas être soi ! Ce qui apparait ensuite comme des actes
manqués !
Etre
maso pour ne pas devenir sadique ! Mais tu vivais dans ma tête et pour toi
je devais réapprendre à vivre sans tout ça! »
Philéas
se ressaisit de sa guitare et commence une introduction musicale tout en criant
« J’en ai eu la peur au
ventre » et ensuite d’interpréter sous une pluie de notes
égrainées :
Tu te lèves
la peur au ventre
Le jour à
venir te fuit, te blesse
Alors tu
t’enfonces dans la paresse
Sans jamais
quitter ton antre
Une femme,
un boulot, une enfance
Tu cherches
partout, tu n’y vois rien
Sauf
d’interminables souffrances
Qui te
mèneront loin des tiens !
Quoi que tu fasses, le passé te hante
Tu veux changer de condition
Quoi que tu fasses, l’avenir se vante
D’acheter toutes tes motivations
Faut-il
toujours tout faire pour leur plaire
A tous ces
briseurs d’imaginaire
Au nom de
leurs frustrations d’hier
Ils te
balancent une sécurité éphé….mère
De tes
rancœurs
De tout ce
qui se passe par ton cœur
Tes envies,
tes passions
Eloigne-toi
de toute autodestruction
Quoi que tu fasses, le passé te hante
Tu veux changer de condition
Quoi que tu fasses, l’avenir se vante
D’acheter toutes tes motivations
Tu t’endors
la peur présente
De n’être
toujours pas le premier
De tremper
dans des manigances
Pour un nom
à la postérité
Rester
soi-même !
Se dire je
m’aime !
Je vous
aime !
Je
t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime !
« Et j’ai
brisé mes chaines pour rejoindre mon idéal à travers l’expression artistique,
celui d’être qui je suis, un briseur de silence qui emmène sans cadence, loin
de toute influence, la liberté qui sommeil au nom de l’ordre et du ciel »
Tout en tenant
sa guitare contre lui, il s’approche d’un des autres tissus blancs qu’il retire
d’une main tout en faisant bien attention que ne glisse sa guitare. Philéas
laisse apparaître une toile où l’on peut lire comme tagué sur un mur :
INTERDIT D’INTERDIRE. Il se retourne content de lui et hurle « A bas les
galères » tout en reprenant en main sa guitare et en commençant à jouer un
blues :
Le corps malmené et dénutri
Le visage tendu et pâle
Il espère toujours pouvoir s’échapper
Au milieu de l’océan et dans la nuit
Tous ces gens autour de lui
Attachés eux aussi
Il ne peut les libérer
Contre leur propre volonté
Vogue, vogue la galère
Attaché à fond de cale
Par des chaînes à des fers
Vogue, vogue la galère
Attaché à fond de cale
Ca ne date pas d’hier
Vogue, vogue la galère
Pour que vive son idéal
Il faut qu’il s’en libère
Vogue, vogue la galère
Attaché à fond de cale
Par des chaînes à des fers
Vogue, vogue la galère
Attaché à fond de cale
Ca ne date pas d’hier
Vogue, vogue la galère
Pour que vive son idéal
Il faut qu’il s’en libère
Il les entend parler, gémir
L’aimer, le maudire
Faire comme s’il n’existait pas
Comme s’il serait toujours là
Mais ils n’ont pas besoin d’aide
Ils se satisfont de ce qu’ils possèdent
A l’intérieur de ce navire
Dehors la vie pourrait être pire
Vogue, vogue la galère
Attaché à fond de cale
Par des chaînes à des fers
Vogue, vogue la galère
Attaché à fond de cale
Ca ne date pas d’hier
Vogue, vogue la galère
Pour que vive son idéal
Il faut qu’il s’en libère
Une fois la chanson terminée, comme exténué, Philéas s’assied en position
yoga, pose sa guitare sur ses genoux et pendant quelques minutes ne dit plus un
mot, ne bouge plus avant de se relever vivement, tellement vite que la tête lui
tourne et qu’il cham bille avant de rejouer une chanson.
Je ne pense plus
Je m’en moque de ne pas tourner rond
Je ne pense plus
J’en suis ravi c’est tellement bon
De passer pour un fou
Aux yeux de ces gens si flous
De n’être pour eux qu’un impair
Et j’en suis fier !
Et j’en suis fier !
Je ne pense plus
Et je m’éloigne de ces gens si bons
Je ne pense plus
Je m’enfuis même, pas si con
Ethique du fric
Je ne tremperai pas dans vos magouilles
Je ne suis pas une fripouille
Et j’en suis fier !
Et j’en suis fier !
Je ne pense plus
Travailler dans les affaires
Je ne pense plus
J’aimerais ne pas vous laisser faire
Docteurs ès sciences
Vous avez perdu votre conscience
Je ne vous fais plus confiance
Et j’en suis fier !
Et j’en suis fier !
De ne pas être semblable à vous-même
Qui vous regardez le nombril
Qui vous croyez la tête bien pleine
Parce que vous avez un beau Q.I.
La nature est l’essence de la vie
La science peut mener à un monde sans vie
Entre les deux mon cœur a choisi
Et j’en suis fier !
Je ne pense plus
Je gambade dans les grandes prairies
Je ne pense plus
Je rejoindrai les grands esprits
Une harmonie entre la science et la nature
Ce sera mon futur
Et j’en suis fier !
Je ne pense plus
Je regarde voler les oiseaux
Je ne pense plus
Je suis captivé, c’est tellement beau
Une déferlante
Les cris d’une nature chantante
D’une nature vivante
Et j’en suis fier !
Je ne pense plus
A la ville, à toutes ses folies
Je ne pense plus
A la pollution et à tous les bruits
Une vie qui nous nuit
Un temps qui nous poursuit
J’veux qu’des bonnes énergies
Et j’en suis fier !
Et j’en suis fier !
De ne pas être semblable à vous-même
Qui vous regardez le nombril
Qui vous croyez la tête bien pleine
Parce que vous avez un beau Q.I.
La nature est l’essence de la vie
La science peut mener à un monde sans vie
Entre les deux mon cœur a choisi
Et j’en suis fier !
« C’est
tellement bon de ne pas être celui que vous attendez que je sois, société
individualiste, intolérante et destructrice qu’enfin j’en suis apaisé. »
Il confie sa
guitare à son trépied et court retirer à la file de nouveau 3 protections de
ses toiles sans ménagement en signe de révolte. Sur la première, un visage
dessiné en lettre sur un fond couleur sable formant le message « accept
the difference ». Le deuxième, un bleu clair semble vouloir recouvrir le noir et le rouge qui se situe
côte à côte en bas et une étiquette placé en dessous du tableau
l’intitule : l’apaisement. Le troisième est un collage de billets
photocopiés sur lesquels est dessiné à l’encre noire un arbre et des animaux
morts ainsi qu’une marée noire, lui aussi portant une étiquette qui
l’intitule : Au nom du fric
Dans la foulée,
il se porte vers la table, saisit la rose toute sèche encore dans son
emballage, pose son cul sur le plateau et récite à haute voix :
Le
power flower
N’arrachons
point la fleur sauvage
A
sa terre qui la retient.
Nous
l’admirerons peut-être au quotidien
Mais
elle ne sera plus à son avantage.
Ses
parfums s’altéreront.
Ses
pétales s’affaisseront.
Ses
couleurs s’étioleront.
Ses
charmes s’éteindront.
Ne
vaut-il mieux pas la laisser s’épanouir
Au
grand air bercer par le vent ?
Ne
vaut-il mieux pas la laisser nous offrir
Ses
pleines saveurs de temps en temps
Quand
vient le temps,
Et être ainsi heureux les deux finalement
« Tout
est lié ! Les Hommes, la terre, les mers, les animaux, les végétaux mais
aussi le passé, le présent qui se tourne vers l’avenir, tout en sachant
apprendre de ce qui s’était passé ! Tout faire pour ne pas se faire
aspirer par la spirale de la bêtise humaine qui surgit de l’inconscient
néo-colonialiste, né d’un confort devenu tellement inconfortable que nombreux,
sont ceux qui ne savent affronter les affres de la vie qu’en se lamentant sur
leurs sorts, à la recherche du saint Graal, alors qu’il est à leurs pieds,
devant leurs yeux ! A ma belle rose, tu es toute sèche mais entre mes
mains tu reprends vie. Tu rafraichis ma mémoire de tellement de souvenirs d’amours, qui malgré
les ruptures continuent de vivre et d’en revivre !
Certaines fleurs
N’ont point peur
En leur avenir.
Elles sentent qu’elles vont refleurir.
Les temps jouent pour elles,
Pour plus belles encore renaitre
Leurs saveurs,
Leurs douceurs
Elles partagent pour être
Avec le temps qui s'égraine, finalement éternelles
Renaître,
se renouveler, savoir vieillir, se souvenir sans se flétrir !
Ah
cela me fait penser à mes erreurs de jeunesse » dit-il en reposant la rose
à sa place et en allant se saisir une nouvelle fois de sa guitare et de chanter
Deux Femen
dans la tête
Pour ne plus
seulement penser à toi
Rien à
faire, elles s’entêtent
A devenir
mon chemin de croix.
Comme une
pénitence
Infligée par
mes deux amies
Celle en
robe blanche
Celle de mes
envies infinies
Elles ne parlent pas de moi
Mais de celui qui les comprendra
Elles ne parleront plus de moi
Mais de celui qui les enchantera
Je me prends
à regretter
Les
promesses que je t’ai toujours faites
A te trahir,
à te tromper
Pour ce qui
n’est pas une amourette
Mais aussi
de n’avoir pu vivre
Toujours
plus haut, toujours plus loin
Accoudé au
bateau ivre
De nos
folies, de nos destins
Elles ne parlent pas de moi
Mais de celui qui les comprendra
Elles ne parleront plus de moi
Mais de celui qui les enchantera
Elles ne parlent pas de moi
Mais de celui qui les comprendra
Elles ne parleront plus de moi
Mais de celui qui ……….n’existe pas !
Tenant
toujours sa guitare en bandoulière
« Ah
l’âge con et dire que cela peut durer toute une vie ! Mais bon, dans ma
vie, comme tout le monde sur cette terre, j’aurais été plus d’une fois le con
de quelqu’un. Et c’est certainement la seule égalité existant entre les
hommes : avoir été le con de quelqu’un, que l’on trouve à coup sûr
totalement con.
Toute
l’humanité est invitée au diner ! » Se mit il à crier
« Eh
du con, éduquons !
Bon trêve de conneries, cela me fait penser, à
celle-ci dont je ne suis pas peu fier ! Osons, osons, braves gens, la
connerie est aussi éternelle! Mais du moment qu’elle soit sans
méchanceté ! Simplement drôle, enfin peut être pas pour tout le monde. Oh
my god ! »
Il repose sa
guitare et tout en rigolant, content de lui, rejoint l’un des derniers tableaux
pas encore découvert et retire le tissu blanc en le saisissant par la haut, le
laissant glisser à terre, dévoilant une toile où l’on peut lire GOD IS GOOD
peint en noir sur un fond rouge, un vibromasseur couleur doré prenant la place du I et le S en
forme de serpent.
« Ah la
multi stimulation ! Fontaine, je boirai toujours de ton eau ! J’ai eu
soif de plaisirs, aujourd’hui j’en ai soif d’amour avec un grand A »
Il retourne
se saisir de sa guitare et joue 2 chansons à la suite :
Assis dans
mon coin
Le regard
sans fin
Je médite,
dites
Tout ce qui
m’incite
A
m’approcher de vous
Et lâcher
tous ces mots
Qui
m’invitent, vite, vite, vite
A m’asseoir
à côté de vous
Sourire sans
mystère
Décolleté
prononcé
Qui
m’excite, cite, cite
Ton monde
imaginaire
Le mien en
devient originel,
Tu es
tellement belle
Je plongerai dans ton cœur
Si tu me laisses le temps
De ne pas commettre l’erreur
De n’être que ton amant
Je plongerai dans ton cœur
Comme au fond des océans
Si tu ne décides pas dans l’heure
D’être la mère de mes enfants
Ta présence
égaye mes sens
Je sens
notre connivence
Et tout ce
qui en émane
Je plonge
dans ton âme de femme
Emplie de
charme
Où la pudeur
enterre ses peurs
Sans l’aide
de fossoyeurs
Je plonge
dans tes rêves
D’Eve
Où le prince
charmant
Arrive avec
ses rêves d’enfant
D’homme
indépendant
Assis dans
mon coin
Le regard
sans fin
Je médite,
dites
Tout ce qui
m’incite
A
m’approcher de vous
Et lâcher
tous ces mots
Qui
m’invitent, vite, vite, vite
A m’asseoir
à côté de vous
Esprit
libertaire
Dessous
endiablés
Qui
m’excitent et citent
Ton monde
imaginaire
Le mien en
devient originel
Tu es
tellement belle
Et je plonge
dans ton âme…de femme
Pour me
fondre dans tes rêves….d’Eve
Attendre,
Le cœur chaloupé
D’être enfin en tête à tête.
Attendre,
L’esprit apaisé
D’être tout contre ta poitrine, appuie-tête,
Serrer dans tes bras,
Contemplant ton minois d’en bas
Un sourire charmeur spontané
Promesse d’un bien être par ta présence, amplifiée
Attendre
Et ne surtout pas devenir impatient
Attendre
En pensant, à ton grain de peau irradiant
Mes cellules sensori-motrices,
Prodigieuses matrices,
De mes aurorales perceptions
Et malgré tout, pendant ce temps, il me tarde
D’entendre tout ce que tu as à me dire
Et malgré tout, pendant ce temps, il me tarde
De te dire tout ce que j’ai à te dire,
Chaleureusement en corps à corps
Lèvres contre lèvres et les yeux dans les yeux
Entourés de nuages moutonneux,
Qui, de notre intense communion, s’évaporent
Attendre,
Le cœur chaloupé
D’être enfin en tête à tête.
Attendre,
L’esprit apaisé
« La
vie est aimer, désaimer, détester sans détruire » dit il simplement ne
reposant sa guitare.
« Elle
est surtout avancer patiemment, construire calmement, prendre conscience de ses
beautés qui nous entourent, mais attention aujourd’hui en tant qu’homme, tout
en finesse, sans être sexiste, avec délectation mais élaboration. Le choix des
mots est devenu tellement important que
s’envole une partie de spontanéité emballée dans un gloubibouga pasteurisé
devenu fade ! J’appel sur la scène le politiquement correct. Difficile de
définir la notion de respect entre les hommes et femmes vu que pour moi elle est
une évidence : les plaisirs partagés et les contraintes partagés, les
envies partagés et les envies personnelles ! Paraitrait que ce serait difficile d’être un homme à cette
époque ? MDR ! Ceux qui se posent cette question ne se sont jamais
posés la question de comment c’était difficile d’être une femme avant le 21e et toujours aussi difficile encore pour un
trop grand nombre d’elles ! Nombreux sont ceux qui ne pensent qu’à leur
gueule, mais attention malgré tout que la femme ne deviennent pas aussi bête
que l’homme, qu’elle reste toujours l’avenir de l’Homme tout en s’épanouissant
personnellement. Car finalement le plus beau sur cette terre, entre tous, et le
droit d’aimer et de s’aimer, d’être libre de son corps et de son cœur sans être
rabaisser par une société castratrice qui déciderait de ce qui est bien ou mal
en terme d’amour entre adultes consentant, le droit d’aimer et d’être
aimer » clame –t-il en libérant une toile se trouvant à portée de main,
nommée la farandole des familles et reprenant ensuite sa guitare pour
chanter :
Un regard furtif sur les hommes qui lui plaisent
Dégage sensuellement une joie profonde
Qui malmène son ego en pensant une seconde
Aux dernières folies des soirées New-yorkaises
Bien à l’aise !
La rue dévalée pour se rendre au turbin
Avale sans broncher les atouts masculins
Elle inonde son esprit de sensations inouïes
Liquéfiant son corps, malmenant sa vie
Malgré tout jouis
De tes passions, de tes sensations
Ta peau contre un homme, rythmé par le sang
Des étreintes effrénées dans toutes les positions
En te moquant des qu’en dira-t-on
De ces situations !
Ne le regardez pas comme ça
Il charme mais il ne touche pas
Il tente sa chance de gay luron
Pour ne pas rester seul comme un con
Ne le rejetez pas comme ça
Il charme ses pairs il faut bien plaire
Cupidon se joue bien des normes
Son cœur se bat pour un amour entre hommes
Les soirées passées à ne savoir que penser
De ces attirances au-delà du passé
D’une adolescence qui a vu la naissance
De son amour pour les hommes
Et croque la pomme !
Les craintes déployées afin de mieux s’envoler
Au-dessus de la haine et loin de toute peine
Pour enfin rigoler, pour enfin assumer
Son bonheur et sa vérité
Etre PD
L’esprit libéré il peut se promener
Au milieu des ainés, au milieu des tabous
Son bonheur est un tout ce n’est surtout pas un fou
Il veut seulement aimer et être aimé en toute sincérité
En toute sécurité
« L’important
c’est l’amour et non le genre » clame-t-il en mettant ses mains en porte
voix après avoir reposé sa guitare, comme
pour être entendu dans le monde entier
« L’important,
c’est de trouver son bonheur dans les contraintes de la vie et apprendre à
prendre conscience qu’il est là ! Prendre le temps d’en profiter et ne pas
se laisser déborder par je ne sais qu’elles doctrines anxiogènes et clivantes
ou besoins que l’on se crée inutilement ! A un moment de ma vie, le bonheur
devint dans le pré ou au bord d’une rivière, de la mer. Entre terre et
eau ! Prendre de la hauteur pour ne pas tomber plus bas que terre !
Cette vision, prise en instantanée en fut mon déclic »
Homme au bord de la crise de nerf
En limite du pré vert
Le nez dans le ruisseau
Est-ce la faute à ROUSSEAU ?
Homme au bord de la crise de nerf
Un esprit qui se perd
Si tu ne voulais pas être notaire
Est-ce la faute à VOLTAIRE ?
Ensuite
sans un mot, Philéas découvre une photo qui parle d’elle-même : un arbre
en hiver ayant perdu toutes ses feuilles remplacées par des sacs plastiques
poussés par le mistral marseillais
Dis papa, pourquoi les sacs plastiques
Remplacent-t-ils les feuilles sur les arbres
Tout ça est loin d’être magnifique
Toutes ces couleurs blafardes
Où est passée la verdure
Les arbres sont en deuil
Recouvert de ce linceul
Qui polluent leur vraie nature
« Mais
ma fille » en regardant une photo d’elle « tout simplement
parce que même avec son grand âge de plusieurs milliers d’années, l’homme
moderne en général est totalement
immature, déconnectée de la nature, faisant apparaître sa vraie nature, celle
d’un destructeur populiste, se gaussant dans son intellectualisation du profit
au mépris du développement de son intelligence
primitive : préserver ce qui le maintiendra en vie, les ressources
terrestres ! » sur le ton de la colère et l’incompréhension.
Il
alla en direction de sa guitare qu’il se saisit de nouveau et commence à jouer
un morceau funky :
Tout est encore plus gris
En plein cœur de cette ville
Plongé dans l’obscurité
Y a plus d’électricité !
Je ne me sens pas petit
Je me sens bien dans cette nuit
Je regarde clairer les bougies
Et derrière les ombres de l’ennui !
Les machines se sont arrêtées
Quand l’électricité est venue à manquer
Alors bien sûr tout le monde part se coucher
Mais moi je fais de la résistance !
Je profite du silence, je profite du silence
Les routiers sont en grève
Je ne vais pas les blâmer
Car j’avais besoin d’une trêve
Pour enfin respirer
L’essence des jolies fleurs
Au beau milieu de la ville
Où je me promène en rollers
Je ne suis pas gazophile
Les machines se sont arrêtées
Quand l’essence est venue à manquer
Alors bien sûr tout le monde part se coucher
Mais moi je fais de la résistance
Je profite du silence, Je profite du silence
« Mon
dieu, que la nature est belle ! Et que l’être humain est un faux cul
rempli de paradoxe à l’humeur changeante au gré de ses besoins » le faciès
fermé comme déçu, il remet sa guitare sur son trépied et se déplace jusqu’à la
table, en saisit le livret qu’il feuillette et s’arrête sur une page, qu’il se
met à lire dans sa tète comme pour s’en imprégner vu le temps passé sans l’avoir
eu sous ses yeux et commence à le faire entendre dans la pièce :
VRAISEMBLABLE MENT
ÉPERDUMENT
Indubitablement
Constamment
Il se ment
Pour se
sentir plus grand
Plus fort
faussement
Mais le soir
devant la glace
Le regard
qui lui fait face
Le fixe
sournoisement
Il ne se reconnaît
pas
Il ne sait
plus qui il est
Il ne se
reconnaît toujours pas
Qui est le
faux, qui est le vrai
Et tous les
jours faiblement
Il suit le
cortège des enterrements
De son moi,
pauvrement
Tristement,
pathétiquement
Totalement
isolé
Sauf de ceux
qui, unique pensée,
Parade à ses
côtés
Perdu
carrément
Au milieu
d'une nuée de mensonges
Perdu
narcissiquement
Au besoin
d'exister
Il songe
A
mieux dévaloriser les autres
A mieux
écraser les autres
Son tout est
un ça
Son pouvoir
une mascarade
Son psyché
est comme ça
et il
parade, parade
Il sait tout
même s'il ne sait rien
Fruit d'un
regard certain
Plutôt que
d'un certain regard
Il s'en lave
les mains
Mais
putain alors, quand pensez vous? Réellement ?
Du réel, de
la nature, qu'en savez-vous ? Vraiment ?
« Phileas,
tu aimes bien jouer les constataires, défaire
le monde, mais tout seul tu ne pourras faire évoluer que ta sensibilité à
l’écologie, toucher qu’un petit nombre de personnes, une goutte d’eau dans un
océan de pollution stratosphérique et inhumaine.
Apres
la vision de ces grands arbres maculés de sacs plastiques, ma fillotte aussi
petite à leurs pieds, tu as pris conscience que ta vie n’était plus là, plus
comme cela. Construire son petit monde plutôt que subir le grand ! I HAVE
A DREAM. Un rêve éveillé tout en simplicité, loin de toute cupidité, une cabane
au fond d’un pré, ou le vivre ensemble est une réalité et non un concept
déglingué à tour de bras, totalement déplacé des réalités humaines.
Alors
je t’ai conduit ma vieille 309, il y a
plus de 15 ans, un jour d’été, ma princesse à mes côtés, et direction la
Camargue ! Traversée la porte des collines qui m’éloigne de toi planète Marseille.
Le long la route, des paysages
invisibles, noyés dans une pollution empêchant même d’entrevoir le haut des lignes à haute tension, où seul
apparaissait les ombres malfaisantes des
raffineries bordant la route, crachant leur venin depuis de hautes tours, dont la lumière rouge clignotante signalant leur
présence pour les avions, étaient à peine visibles.
J’arrive camarguaises et camarguais, moustiques,
chevaux, taureaux et volatiles, pays de l’air iodé et du silence, mais aussi
des pluies torrentielles et du mistral gagnant. Ma carabane comme me dit ma
chipie du haut de ses 3 ans nous attend !»
Phileas
reprend sa guitare :
Ce soir, je
vais vous raconter
La vie menée
dans la cabane au fond du pré,
Tous les
jours de l’année,
Dans la
cabane au fond du pré.
La porte est
toujours ouverte pour les copains
Les voisins
disent : nous sommes des bons à rien.
Mais on s’en
fou, à l’heure de l’apéro,
Les
instruments sortent à gogo !
Arnaud à la
guitare entame un solo d’enfer,
Nordine au
sax, quelques fois se perd
Pendant que
Malek toujours fatigué
Sur un
fauteuil, préfère écouter.
Slim
commence à compliquer
La structure
du morceau entamé,
Sous la
baguette de Vivian,
Batteur du
haut de ses seize ans.
Abdou essaye
de chanter,
Yaelle se
met à danser
Le feu reste
toujours allumé
Devant la
cabane au fond du pré
Ce soir, je
vais vous raconter
La vie menée
dans la cabane au fond du pré,
Tous les
jours de l’année,
Dans la
cabane au fond du pré.
Ce soir, je
vais vous raconter
La vie menée
dans la cabane au fond du pré,
Tous les
jours de l’année,
Autour de
l’amour de l’amitié.
Jeannette
nous fait la tête
Marco a
décidé que ce serait sa fête,
Elle lui
court après, autour du feu
En arborant
un ton joyeux
Noémie, ma
petite chipie,
A minuit
n’est toujours pas au lit,
Elle swingue
au milieu des musiciens,
Ce sont déjà
tous ses copains !
L’odeur des
grillades nous montent au nez
J.C.
s’active pour les retourner
La musique
c’est arrêter
Le repas va
pouvoir commencer !
Si la tête
se met à tourner
Y’a toujours
un endroit pour se coucher
Et l’on se
retrouve au petit déjeuner
Avant que
chacun parte travailler
Ce soir, je vous ai raconter
La vie menée
dans la cabane au fond du pré,
Tous les
jours de l’année,
Dans la
cabane au fond du pré.
Ce soir, je
vais vous raconter
La vie menée
dans la cabane au fond du pré,
Tous les
jours de l’année,
Autour de
l’amour de l’amitié.
« Avec
Mano Solo, Thiéfaine, Arno et Noir dése en guest stars pérpétuels ! »
Je sais la vie, c’est pas du gâteau
Nous naviguons tous sur la même eau
En comptant nos joies et nos peines
En espérant ne plus quitter la scène !
Dessus les gens passent, repassent et trépassent
Dans l’indifférence, au milieu des grimaces
De tous ceux qui gueulent, s’engueulent, font la gueule,
De tous ceux qui se croient seuls,
Plongés dans l’incertitude
Ou dévorés par la certitude
Et ne jamais rien remettre en question
Ni l’inconfiance, ni les ambitions !
Je sais la vie, c’est pas du gâteau
Et nous ne naviguons pas tous sur le même bateau,
Essuyant les tempêtes,
Epongeant les voies d’eau
A en, perdre la tête
Et ne plus rien trouver de beau
Un sourire ça ne coûte rien
Et même, si tu n’es pas bien
Alors, qu’attends-tu, le voila il vient
Pour me dire, je ne veux plus souffrir
Un sourire ça ne coûte rien
Et même si tu n’es pas bien
Il grandit, se change en fou rire
Pour hurler enfin le plaisir, le plaisir
(Mano, solo !)
Je sais la vie, c’est pas du gâteau
Mais la vie est là, elle ne s’endort pas
Sur les lauriers, sur les fardeaux
Vivons la, ne nous arrêtons pas,
Car avant tout c’est la notre,
Même si elle déambule au milieu des autres
De leur enfer, de leur paradis
Alors, ne reste pas sur le parvis de tes envies
Vis ta vie, sois en vie !
Un sourire ça ne coûte rien
Et même si tu n’es pas bien
Alors, qu’attends-tu, le voila il vient
Pour me dire, je ne veux plus souffrir
Un sourire ça ne coûte rien
Et même si tu n’es pas bien
Il grandit, se change en fou rire
Pour hurler: enfin le plaisir, les plaisirs
Sortant son portable pour regarder l’heure tout en tenant sa guitare de
l’autre main
« Ouah, déjà cette heure là, ma chipie doit m’attendre. Bon une
dernière chanson et j’y vais, je reviendrai demain tout récupérer ! Une
valse de tout temps, en hommage à tous les soignants et les aidants ! »
Dans la
salle de soin, sur la paillasse,
Toutes les
perfusions s’entassent,
Prêtes à
être dispensées à tous ces patients égarés dans la maladie
Pour un
moment ou le restant de leur vie.
Seule, dans
la salle de soin, l’infirmière,
Concentrée,
s’engage à satisfaire
Les
prescriptions et les exigences des médecins,
Les besoins
fondamentaux de tous les êtres humains
C’est la sixième journée d’affilée, dès six heures du matin
A redonner l’espoir sans en perdre le sien
A tous les gens, en assurant leurs soins,
Portée par la passion des êtres humains.
A prendre sur soi,
Pour ne pas prendre pour soi
La souffrance des autres et les malheurs de chacun
Recherchant à chaque fois, l’humain chemin !
Elle toc et
entre dans la chambre, sait toujours quoi dire
Entre toutes
les vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire
Elle
regroupe les énergies pour le combat de la vie,
Contre soi
même, contre la maladie
Elle toc et
entre dans la chambre, prodiguer des soins
Douloureux,
ce n’est jamais enfantin.
Entendre
souffrir, voir mourir à la chambre vingt,
Faire comme
s’il n’était rien
Une chambre
plus loin,
Plus loin,
plus loin, plus loin !
C’est la sixième journée d’affilée, dès six heures du matin,
A redonner l’espoir sans en perdre le sien
A tous les gens, en assurant leurs soins,
Portée par la passion des êtres humains.
A prendre sur soi,
Pour ne pas prendre pour soi
La souffrance des autres et les malheurs de chacun
Recherchant à chaque fois, l’humain chemin !
«Bon cette
fois je me dépêche, sinon je vais être en retard » dit il en reposant sa
guitare, marchant rapidement jusqu’à la porte, éteignant la lumière et refermant
cette dernière à clef prestement !
FIN
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